Allah n'est pas obligé, d'Ahmadou KOUROUMA

Allah n'est pas obligé, d'Ahmadou KOUROUMA
Résumé : Kalachnikov en bandoulière, Biharima tue des gens pour gagner sa vie. Pas plus haut que le stick d'un officier, cet enfant-soldat du Liberia raconte. L'errance, la guerre, les pillages, les massacres, les copains qui tombent sous les balles... Témoin lucide et fataliste, il nous offre l'image terrifiante d'une Afrique qui sacrifie ses enfants.

Extrait : "Maintenant, après m'être présenté, je vais vraiment, vraiment conter ma vie de merde de damné."

Mon avis : Tout à fait étonnant. Le style est particulier, le narrateur s'exprime en p'tit nègre, et à chaque fois qu'il introduit dans son discours un nouveau mot un peu compliqué, il en donne la définition dans une parenthèse, ce qui nous donne un style assez redondant et lourd. Mais au bout d'un moment on s'habitue, et puis ce style spécial rend l'ouvrage plus authentique : c'est un enfant qui parle. Certains passages concernant la politiques de différents pays africains m'ont un peu ennuyée. Mais à part ces points négatifs, le récit est vraiment vivant, et bluffant. D'habitude quand on entend parler d'enfants-soldats, on se figure des victimes innocentes, et ce livre détruit complètement ces clichés, montrant que les enfants peuvent se montrer cruels et tuer de leur plein gré... le personnage de l'adulte qui accompagne Biharima, un marabout escroc, est lui aussi intéressant. Le ton est très souvent ironique, ce qui renforce l'horreur de la situation. Un livre pas toujours très agréable à lire, mais original et qui traite d'un sujet finalement peu connu.

# Posté le samedi 27 octobre 2007 18:39

Au coeur des ténèbres, de Joseph CONRAD

Au coeur des ténèbres, de Joseph CONRAD
Quatrième de couverture : Cette nouvelle conduira le lecteur au centre d'une Afrique encore inexplorée, où la civilisation n'imprime une trace précaire et dérisoire que par la sauvagerie routinière de l'exploitation coloniale. Au terme de ce périple, il y a M.Kurtz, continent inconnu au coeur de l'Afrique inconnue, et qui, au fond de lui-même, n'a découvert que l'horreur. M.Kurtz, ange exterminateur et prophète sanglant, instrument ambigu de sa propre barbarie, en qui T.S. Eliot voyait l'archétype de l'homme du XX siècle.

Mon avis : Voilà un récit qui, comme son titre l'indique, est très obscur : le cadre spatio-temporel reste toujours très flou. Il s'agit de l'histoire étrange de Marlow (un marin dont on ne sait pas grand-chose) qui, à la fin du XIX siècle, veut se rendre au coeur du Congo (mais ce pays n'est jamais nommé). Pendant son voyage il entend parler de M.Kurtz, un colon que tout le monde décrit comme "génial". Ce personnage va le fasciner, et on se rend compte peu à peu qu'il est très ambigu. Le lecteur manque de repères auxquels se rattacher, il ne se passe presque rien, mais le tout est vraiment très bien écrit et il se dégage de ce récit une atmosphère surprenante, qui nous mène à une réflexion pessimiste.
Conseil : pour mieux comprendre ce récit je vous conseille de lire le chapitre 9 qui s'intitule "Connaissance du vide : Au coeur des ténèbres" extrait de l'essai Poétique de la prose de TODOROV. Ce chapitre de 12 pages expose de façon synthétique l'intérêt de ce récit.
Film : le film Apocalypse now (que je n'ai pas vu) s'inspire de ce récit. Attention cependant, il y a une transposition, tout se déroule pendant le guerre du Vietnam, et non plus au Congo.

Extrait : "Il était écrit que je resterais fidèle au cauchemar de mon choix."

# Posté le lundi 29 octobre 2007 19:05

Modifié le lundi 29 octobre 2007 19:43

Anniversaire

~
Eh oui, b0uquins a 2 ans déjà !

Petit bilan :
48 pages
237 articles
3437 commentaires
19190 visites (!)
1 place dans les favoris de 108 blogs
et enfin 61 "amis" !

Merci pour l'intérêt croissant
que vous portez à ce blog
qui au départ n'était qu'un p'tit truc
personnel sans importance...

Me voilà plus motivée
que jamais pour le continuer !

M.
Anniversaire

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 17:04

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 17:25

Ma langue au chat, de Vladan RADOMAN

Ma langue au chat, de Vladan RADOMAN
Quatrième de couverture : " Bien fait. Le menteur est mort comme il a vécu. Mais il serait capable de tricher même avec sa propre mort. Appeler le 15 ? Prudence, attente... La mort n'est pas une urgence. Je fais le tour de sa carcasse allongée sur la carpette usée qu'il trimbale avec lui depuis des lustres. Un tapis tissé par une cousine paysanne d'un bled de son pays de sauvages. Je le crois capable d'avoir choisi exprès ce linceul en laine rude de nostalgie. "

Écrivain français d'origine yougoslave, le narrateur se complaît dans l'évocation de son enfance à Novi Sad et à Belgrade, sous l'½il moqueur de son chat ; mais sa quiétude de célibataire va bientôt être troublée par l'irruption de Solange, son ancien amour, en partance pour le Monténégro. C'est le début d'un étonnant roman construit comme autant de poupées gigognes, ode nostalgique au pays perdu de l'auteur, histoire d'amour sans espoir, roman historique dans le Monténégro du XIXe siècle, des tsars et des guerriers, fable enfin dans laquelle le mot de la fin revient à un chat mutant, lecteur passionné de Chateaubriand.

Mon avis : Roman lu tout à fait par hasard, style très beau, fluide et ironique. On commence d'abord par avoir le point de vue de l'écrivain, qui raconte sa vie amoureuse et son voyage en Yougoslavie, cette partie qui occupe les deux tiers du livre pourrait bien passer pour une autobiographie. Et brusquement, changement de narrateur : le chat du personnage se met à nous raconter la vraie vie de son maître, et démonte du même coup tout ce qui a été raconté précédemment ! Certains passages au milieu sont longs, mais alors que je commençais à me lasser un peu de ma lecture, le chat est apparu et tout mon intérêt pour ce bouquin est revenu. Très original et sympathique !

# Posté le vendredi 02 novembre 2007 18:02

Modifié le vendredi 02 novembre 2007 18:25

La farce de maître Pathelin suivie de La farce du cuvier

La farce de maître Pathelin suivie de La farce du cuvier


La farce de maître Pathelin

Résumé : Maître Pathelin, avocat désargenté, se frotte les mains d'aise. Il a rondement mené son affaire : ayant acheté l'étoffe du sieur Guillaume "à crédit", il abuse si bien le marchand que sa dette n'est finalement jamais acquittée. Mais sa ruse semble en avoir inspiré d'autres, et l'aventure prendra un tour pour le moins inattendu... Pièce anonyme du XVème siècle, La farce de maître Pathelin, première véritable comédie du Moyen Age, met en scène un des ressorts comques par excellence : le retournement de situation.

Mon avis : lire une pièce médiévale constitue une expérience originale, c'est une toute autre façon de s'exprimer ! J'aime bien cette pièce qui est très distrayante. Je l'avais étudié en cours de français en cinquième et déjà à cette époque elle m'avait plue.


La farce du cuvier

Résumé : La farce du cuvier, écrite quelques années auparavant, est une mise en scène alerte, spirituelle et finement menée des conflits conjugaux.

Mon avis : une farce bien trop courte à mon goût (une quinzaine de pages) qui fait sourire mais sans plus. C'est intéressant de voir que déjà au Moyen Age les scènes de ménage faisaient rire, mais selon moi ce n'est pas du tout du même niveau que la farce de maître Pathelin.

# Posté le vendredi 02 novembre 2007 19:01